10 kilomètres pour se jauger!

Il y a deux semaines, je participais aux 10 kms d’Orvault, à côté de Nantes. Une course organisée sur un circuit plutôt bosselé (pas méchant quand même), circulant entre les maisons d’un lotissement. Rien de bien époustouflant sur le plan du paysage mais rien d’horrible non plus. Virages serrés, relance, c’est plutôt un parcours physique. En prime, ce matin du 11 février, il fait un froid de loup et il pleut. Pas un temps à mettre un coureur dehors.
Pourtant nous étions, mon frère et moi, au départ ce 10 kms, en compagnie d’environ 500 autres « courageux » venus se dégourdir les jambes et tester leurs capacités en ce froid dimanche de février.
Se tester est en tous cas le bon terme en ce qui me concerne. Le dix kilomètres n’est plus vraiment ma spécialité depuis pas mal de temps. C’est cependant une distance qui permet de s’étalonner et reflète, à mon avis, assez bien une condition de coureur, un niveau pédestre.
Ainsi, pour moi, les 37’12 » qui s’affiche à l’arrivée d’Orvault ne sont pas une surprise. Au vu du parcours et des conditions, j’aurai sans doute pu faire mieux sur une course plus roulante et un ciel Clement. Mais l’indication est assez fiable.
Ce n’est pas encore si mal pour un ultra-marathonien / randonneur , mais c’est vraiment très loin de mes chronos de références. Le contraire eut été étonnant : je ne fractionne quasiment plus depuis dix ans, le rythme spécifique me manque cruellement au moment de monter dans les tours. Je pèse plus lourd qu’au temps de ma splendeur sur 10 bornes. Je peux cependant encore sentir que ce type d’effort est inscrit en moi, même si je le domine moins bien.
Tout de même, je m’interroge, où et quand sont partis ces six minutes? Dans les kilomètres accumulés à faible allure, dans le temps, dans une hygiène de vie moins stricte sans doute. Je sais que je ne les retrouverai sans doute pas, a moins d’un immense effort sur plusieurs années, désormais incompatible avec leur reste de mes objectifs et de ma vie.
Toutefois, l’idée et le challenge de regagner un peu de vitesse, pour être plus à l’aise dans le reste de mes activités, n’est pas exclue, loin de là. Je retrouve d’ailleurs l’historique de mes performances sur ce type de distance via le site de la FFA (hormis celles de mes meilleures années qui ne figurent pas dans la base). L’érosion fut à la fois progressive et par paliers.

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En 2006, j’étais ainsi encore capable de courir un semi-marathon en 1h 10’53 », un marathon en 2h36. L’année suivante, mes performances baissaient certes déjà pas mal, avec un semi en 1h 13 mais toujours 2h36 sur marathon.
La dernière année où j’inscrivais quelques références chronométriques, c’était en 2009: 36′ 43 sur un dix bornes caniculaire, 2h49 sur un marathon couru entre deux gros trails, 8h56 aux 100kms, couru à Millau et juste trois jours après avoir grimpé le mont Blanc au cours d’une folle semaine de dépense physique.
Après, je n’ai tout simplement quasiment plus couru d’épreuves sur routes et il m’est donc compliqué de mesurer la chute de mes performances sur les distances classiques pendant quelques années, où j’ai par ailleurs couru de très nombreux trails et Ultra-trails.
Je peux juste m’autoriser à penser qu’après avoir connu une décrue mon niveau sur ce type d’effort est maintenant assez stable. Il y a trois ans, je bouclais ainsi un 20 kms en 1h18. En 2015, j’ai un peu plus couru sur route, avec un 1h 27 sur semi (mais au sortir d’une grosse semaine de randonnée rapide et d’une crève) , 36’37 » sur 10 bornes (sur le très rapide circuit Odyssea) et 1h18 aux 20 kms de Paris. L’an passé, mes quelques sorties (j’exclue le marathon de Paris où j’ai couru blessé) hors trail étaient du même acabit (56’47 » aux 15 kilomètres de Charenton). Bref un niveau très moyen mais encore acceptable au vu de mon entrainement et qui me donne une bonne indication sur ma base de condition physique.

charenton
Une condition physique qui me permet d’enchaîner des efforts d’endurance sans doute plus facilement qu’il y a dix ans, encore plus sûrement qu’il y a quinze ans. A moins que ce soit l’intensité qui ait baissé, ou que je me sois assagi dans ma gestion de l’effort.
Enfin, courir un dix kilomètres et se pencher un peu sur ces statistiques personnelles me fait prendre conscience encore un peu plus que les années passent, mais que le plaisir de courir reste. Différent peut-être, mais il est toujours là. J’ai sans doute su l’adapter à mes envies et à mon mode de vie, c’est plutôt une satisfaction. Et je pense que cela me maintiendra encore longtemps dans la joie de me mouvoir à la force de mes mollets.


2 réflexions sur “10 kilomètres pour se jauger!

  1. Tu as un passé d’excellent coureur qui te fais regarder tes actuelles performances différemment de nous autres. A l’inverse je me pose la question de ce qu’un coureur lambda comme moi sans aucun entrainement autre que de l’endurance fondamentale pourrait faire sur ce genre d’épreuve… si j’en avais envie.

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