Connemarathon : sur les belles terres d’Irlande !

J’ai eu la chance de participer à l’ultra du Connemarathon. Trois semi-marathons, 63,5 kms ou 39,4 miles si on préfère, sur les routes d’une des plus belles régions irlandaises.

J’ai pris pas mal de retard dans la rédaction des billets de ce blog. Il faut dire que mon programme de reportages en voyage ces dernières semaines fut plus que chargé. Un jour à Taïwan, le lendemain à Paris, puis un aller-retour dans les Alpes, le marathon de la Loire, le lendemain dans le Jura 3 lacs chez nos amis suisses, et enfin ce voyage dans la belle Irlande.

Je vais essayer de reprendre tout cela mais sans forcément procéder par ordre chronologique. Les réseaux sociaux sont assez efficaces pour l’instantané. Je commence donc ici par un retour sur mon expérience du Connemarathon.

Je ne peux pas dire que j’arrive frais et dispo au départ de ce Connemarathon. Mon calendrier, avec quelques dates décalées en avril, est donc vraiment dense. Mais cela fait des années que je rêvais de participer à cette course, qui se déroule dans des paysages qui m’attirent. Mon expérience de la Wild Atlantic Way m’a encore davantage donné envie d’y venir, j’ai donc saisi la belle opportunité de réaliser un reportage ici.

Un ultra juste après un marathon

Quelques doutes, donc, mais la certitude que le parcours va me plaire. Mes craintes se situent surtout sur ma fatigue générale, avec tous ces déplacements, et sur la récupération de mes muscles après le marathon de la Loire, une semaine plus tôt. J’avais bien souffert en plus…

Un bus récolte les coureurs logés comme moi à Clifden peu après sept heures du matin. Quelques kilomètres et nous voici près du départ. Le hall d’un hôtel est spécialement réservé pour que les coureurs puissent se préparer à l’abri. Le décor est douillet. Cependant, aujourd’hui, même si le matin est un peu frais, pas vraiment besoin de se blottir au chaud : nous aurons une belle journée, une vraie chance dans la verte Irlande où les caprices de la météo sont courant.
Je retrouve mon ami Jérôme, qui vit à Galway non loin. Il s’est spécialement préparer pour cette belle épreuve qu’il court pour la 3e fois. Nous discutons un bon moment et nous préparons pour prendre un autre bus qui nous emmène au départ, à un miles de là.

Nous sommes un petit peloton d’environ 300 coureurs au départ de l’ultra, mais après un premier semi-marathon couru « entre nous » , nous retrouverons les coureurs du marathon, puis encore 21 kilomètres plus tard aussi ceux du semi. L’événement accueille en tout un peu plus de 3000 participants. C’est beaucoup pour l’Irlande mais l’ambiance reste tout à fait conviviale et à taille humaine.

Le départ se fait dans une atmosphère très détendue. Pas de tension. De mon côté, j’ai surtout l’idée de cette fois ne pas partir trop vite pour assurer un tempo correct le plus longtemps possible. Le parcours s’annonce vallonné, je vais voir comment mes jambes encore fatiguées vont répondre.

Après un kilomètre, où en prime je refais mes lacets, les douleurs aux quadriceps sont légères mais bien présentes. Je vais vraiment devoir moduler mon allure. Devant, Jérôme et quelques autres filent déjà à bonne allure.

Pourtant je ne vais vraiment être inquiet que lors de cette mise en route. À l’approche du 10e mile (c’est bien les miles: plus longs qu’un kilomètre, on a l’impression que la course est plus courte!), alors que deux coureurs me doublent à très bonne allure, j’ai encore peur de ne pouvoir continuer bien longtemps, et puis finalement, ça passe. J’ai définitivement pris mon rythme. Je me concentre aussi davantage sur le paysage, ces grands espaces ouverts tellement inspirant.

Grands espaces et inspiration

Les différentes nuances de vert, de bruns et de jaune des montagnes se reflètent dans le bleu des lacs. Tout est calme, les oiseaux chantent et les moutons animent le décor. C’est un paysage particulièrement pacifique, équilibré entre des montagnes qui lui apporte du rythme et de larges horizon ouverts qui nourrissent l’âme et ouvre l’esprit. Je tente de m’en imprégner pour courir en harmonie.

Je trotte bientôt en compagnie de Christophe, un francais qui vit en Irlande depuis ses études. Il est professeur et apprécie toujours son pays d’adoption. Avec sa femme, ils ont vécus en Angleterre deux ans, mais l’ambiance n’était pas la même « Ils ne pensent qu’au travail » me dit-il. Chris est un débutant étonnant : âgé de 44 ans, il a commencé à courir à « la crise de la quarantaine », en stoppant la cigarette, et réalise déjà 2h49 sur marathon ! Je vais courir d’agréables kilomètres en sa compagnie.

Nous passons au semi-marathon, au bout 1h36 de course et remontons bientôt le peloton des marathoniens partis devant nous. Incontestablement, ça donne un coup de boost. Je me sens finalement bien, détendu. Les marathoniens nous encouragent beaucoup, c’est très sympa et presque grisant, même si nous essayons surtout de maintenir un rythme régulier.

Je ne vais presque pas voir passer ce deuxième semi-marathon. Même si ça commence à devenir plus difficile, même si je laisse Chris terminer sa course en moins de cinq heures. Je ne m’ecroule pas non plus. 3h15 au passage du marathon, le long d’un joli lac où il fait presque chaud.

Le dernier semi-marathon s’annonce encore plus vallonné, avec de sérieuses montées. Je ralentis mais rien à voir avec la souffrance de la semaine passée en bord de Loire. Je remonte toujours beaucoup de coureurs, marathoniens et coureurs du semi qui viennent de démarrer, ce qui est particulièrement motivant. Je ne perdrai d’ailleurs pas ou peu de places sur l’ultra lors de ces derniers miles.

Le dernier mile. 

Je serre les dents dans la dernière – et pire- difficulté du parcours, une côte de quatre kilomètres juste au 55e kilomètres, mais la motivation est là. Les encouragements, en anglais et en français, font toujours du bien.

Ensuite, une bonne descente conduit à l’arrivée. Dans le dernier mile, j’ai encore une illustration que parfois nos ressources restent insoupçonnées. Alors que je m’apprête à rejoindre l’arrivée à un petit rythme, déjà satisfait d’avoir couru jusqu’au bout, je vois deux coureurs de l’ultra me doubler. L’un d’eux me laisse même sur place. Je décide, dans un déclic, de changer de foulée : mon dernier mile sera de loin le plus rapide de toute la course!

C’est une belle satisfaction pour moi que de franchir ainsi cette ligne d’arrivée, en ayant le sentiment d’avoir su exploiter au mieux mes capacités du moment. Dans un tel décor, en plus. Il m’a fallu 5h20 pour boucler ces 63,5 kms, que je termine à la 15e place.

Je suis certes bien fatigué après l’arrivée mais je vais pouvoir apprécier l’ambiance irlandaise. Je partage une Guinness avec Jérôme, arrivé deuxième en 4h34, au son de la musique traditionnelle. Tout le monde a le sourire. Décidément, le Connemarathon est inspirant!

Tous les renseignements :

http://www.ireland.com/fr-fr/

www.connemarathon.com/


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