Dans les pas de Saint Patrick. (Saint Patrick’s Way épisode 1)

Il flotte sur Newry. La pluie a commencé à tomber deux heures avant mon arrivée dans la ville, au terme de ma première étape sur ce Saint Patrick’s Way. 

Le Saint Patrick’s Way (pilgrim walk) , c’est un nouveau parcours de randonnée balisé sur les pas de Saint Patrick à travers l’Irlande du Nord. Le trajet rejoint quelques uns des grand lieux où le Saint patron de l’île s’est rendu. C’est assez nouveau, un Saint-Jacques à l’Irlandaise.

J’en avais parcouru les cinq premiers kilomètres le jour précédant, en partant du très curieux site préhistorique de Fort Navan pour rejoindre Harmagh, un haut lieu de Saint Patrick.

D’ailleurs, à Armagh, il y a deux cathédrales Saint Patrick. Une catholique et une protestante. Comme ça, tout le monde est content serais-je tenté de penser en ignorant tout ce que cela peut impliquer ici. Enfin depuis vingt ans la paix règne sur l’île et tout le monde – ou presque- s’en félicite.

Après Armagh, j’ai parcouru une jolie campagne vallonnée. Elle est peuplée surtout de moutons, de vaches et de chevaux, d’après ce que j’ai pu en voir. De lapins aussi, de quelques toutous pas toujours aimables et de quelques êtres humains, mais je n’en ai pas croisé tant que ça. Il y avait quand-même des maisons, souvent plutôt grandes et confortables d’ailleurs.

La première section de mon parcours devait compter 20 kilomètres d’après le « pilgrim Book » que j’ai avec moi. Elle en faisait 27 bien tapes et je ne me suis pas trompé de chemin.

Du coup, je me suis offert une bien agréable pause en arrivant sur les bords du canal de Newry, à Scarva.

Ce canal constituait le décor de mon après midi.

C’est le plus ancien canal de navigation construit en Irlande et dans le Royaume-Uni. Pensez, il a été inauguré en 1742 et sa construction avait débuté dix ans avant. En me promenant ainsi sur son bord, je m’imagine très bien en marcheur de l’époque. Flanant en regardant les bateaux de commerce, embarquation légères car le canal est mince. Les manœuvres pour passer les ponts (c’est un canal sans écluses), les tonneaux qui roulent des ponts et les chevaux qui tirent…

Mais ce canal de Newry donne aujourd’hui à voir une toute autre figure. L’activité économique l’a quitté depuis longtemps, elle s’est sans doute transférée sur la route en amont que j’entends parfois gronder en m’approchant de la ville. Le canal, lui, coule doucement, rendu à la nature et aux promeneurs pédestres ou cyclistes.

Cet après-midi, la fréquentation reste calme, et c’est avant tout un petit monde d’oiseaux aquatiques, de vaches et de chevaux que je traverse. Plusieurs familles de cygnes, avec des cygnons tous pelucheux, des poules d’eau pressées, des canards, plusieurs hérons qui surveillent. Le canal de Newry, autrefois industrieux, est aujourd’hui un refuge pour les animaux. La nature, quand on lui laisse la place, reprend vite ses droits.

Bien dans le ton de ce milieu humide et plein de vie, au milieu de ce tableau de genre paisible, une pluie fine s’est mise à tomber pour m’accompagner sur les deux dernières heures au bord du canal. Quand j’entre dans la ville, bien fatigué après ces 47 kilomètres de marche, les gouttes se font plus lourdes. Des fenêtres de l’hôtel historique dans lequel je suis logé, je pourrai distinctement observer les impacts d’une pluie devenue forte sur l’eau du canal. Ma promenade digestive ce soir dans les rues désertes sera de courte durée. 


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