Au pays de Saint Patrick et des Mourne mountains (Saint Patrick Way épisode 2)

Il flotte – il pleut à grosses gouttes- sur Newry où je suis arrivé hier soir, déjà sous la pluie donc. Les nuages sont bas et la ville, embrumee, a un petit air triste.

Il n’y a guère plus de monde dans les rues qu’hier soir, où j’avais tenté de faire quelques pas dans le centre. Je l’avais contourne en arrivant pour me rendre directement à mon bel hôtel du Canal, juste au bord du très agréable canal de Newry, que j’avais naturellement suivi pour arriver là. Après 47 kilomètres (alors que la brochure en annonçait 40), j’avais hâte de retrouver le confort d’une chambre et une douche chaude. J’ai presque eu du mal à la quitter en repartant ce matin.

Je jette donc un œil encore un peu endormi sur la cathédrale, la rue principale. Un café me fait de l’oeil mais il n’est plus temps de s’arrêter. Une nouvelle longue journée de marche m’attend qui doit me conduire au cœur des Mourne mountains.

Quelques hectometres, en pente, me ramènent dans la campagne. Je retrouve les champs, les moutons et les vaches. Des alpagas, insolites ici, m’amusent un instant aussi. Je marche sur de petites routes, les voitures sont rares. L’itinéraire est relativement bien flèche, mais il faut tout de même avoir le plan et le GPS à portée de main.

La pluie cesse, une belle lumière baigne ce décor toujours aussi paisible et éclaire les montagnes des Mourne qui se rapprochent. Les pentes sont d’ailleurs de plus en plus marquées à mesure que Rostrevor s’annonce.

Je reconnais les abords de la ville, où je logeais lors du festival. La pluie se remet à tomber, mais c’est pour mieux laisser place au soleil. Après un café dans un pub et un pique-nique au bord de la rivière, je repars à l’assaut des Mourne mountains.

Je retrouve ici des sentiers, qui grimpent à travers une forêt de pins puis de feuillus. C’est assez rare en Irlande de voir tant d’arbres.

Lorsque la végétation s’écarte, le sentier me laisse voir de très belle vue sur la calme campagne dominée par les montagnes. J’aime tant ce paysage. Je ressens plus fortement en moi résonner le chemin. Les sensations, les pensées qui s’enchaînent en marchant ainsi, sac au dos, sur les traces de St Patrick.

Aujourd’hui, sans doute par la similitudes des sensations, elles me ramènent aussi vers mon premier chemin de St Jacques. C’était il y a plus de cinq ans déjà. On m’a souvent demandé si ce voyage m’avait changé, si, comme on le lit souvent, j’étais devenu un « homme nouveau » au bout de ce long chemin. Je ne suis pas de ceux qui revendiquent une révélation due à une subite illumination. Je suis resté le même, mais finalement bien sûr ce moment, ce voyage, m’aura profondément marqué.

Il m’a en tous cas motivé à découvrir encore davantage ces sentiers de nature et d’histoire. Je suis devenu presque un « spécialiste » de ces sentiers de pèlerins, et j’aime toujours autant les parcourir et en chanter les beautés. Ce Saint Patrick’s Way ne fait pas exception!

Je marche maintenant au cœur des montagnes. Les arbres ont laissé la place à une lande herbeuse. Le sol est souvent spongieux et il faut prendre garde où l’on met les pieds si l’on ne veut pas trop s’enfoncer. J’abandonne cependant assez vite l’espoir de rentrer les pieds au sec!

Le sentier est de moins en moins marqué et les piquets de signalisation plantés avec parcimonie. Il me faut donc naviguer aussi le nez dans la carte et l’oeil sur le GPS. Mais là encore, ce paysage, même rude, n’a rien d’hostile et je me sens bien à y marcher. Les seuls habitants semblent être de gros moutons.

Finalement, je vais tout de même réussir à perdre mon chemin. Une zone marécageuse particulièrement confuse, car nous avions également perdu la bonne trace lors de notre randonnée en groupe vendredi dernier, ici même.

Je fais un bon détour par la route pour retrouver le sentier plus haut. Les kilomètres commencent à peser dans les jambes. Je me détourne à nouveau pour bifurquer vers le parking du lac de retenue sur lequel m’attend Norman, mon ange gardien lors de ce voyage en Irlande du Nord.

C’est en sa bonne compagnie, et dans son fourgon aux couleur de son entreprise de voyage à vélo Iron Donkey que je rejoins New Castle. Mon gîte du soir sera encore une fois bien doux et confortable : l’hôtel Slieve Donard m’offre une très belle chambre avec vue sur la mer. Ce soir, après le dîner, je trouverai encore de l’entrain pour déambuler sur le front de mer et admirer les cimes des mournes mountains qui m’attendent encore demain.


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