Une première journée sur le Colorado Trail.

A l’heure où j’écris, je suis allongé sous ma toile de tente, pour la première fois de ce voyage sur le Colorado trail. 

J’entends le murmure de la rivière en contrebas, et aussi la conversation joyeuse de mes compagnons de campement, que j’ai rencontré sur le chemin un peu plus tôt. 

Tôt, il l’est encore d’ailleurs. À peine 4 heures de l’après-midi. J’ai en effet préféré m’arrêter à la fin du premier segment de ce chemin, qui compte seulement 26 kilomètres. Pas forcément parce que je me sens très fatigué, quoique démarrer un chemin exigeant et sous une forte chaleur à peine deux jours après un vol long courrier et sans avoir absorbé le décalage horaire n’est pas facile, mais surtout parce qu’il n’y a plus d’eau avant 17 kilomètres. De toutes façons, mon idée est d’aller en deux jours à Bailey, la première localité où je suis susceptible de pouvoir me ravitailler (et peut-être même passer une nuit à l’intérieur !) et cela reste très jouable. En plus, je serai peut être plus en forme après une bonne nuit de sommeil sous la tente. 

J’ai commencé mon chemin assez tôt, après être parti de Denver à 7h30 tapante. Rich Grant, que j’avais rencontré la veille, m’a gentiment proposé de me déposer à l’entrée du chemin. Je n’ai bien sûr pas refusé. 

Lorsque nous arrivons, je vois déjà mes craintes de solitude extrême s’évanouir. D’autres « hikers » se préparent. 

D’ailleurs, ce début de sentier est plutôt peuplé : nous ne sommes pas bien loin de Denver (à peine une demi-heure de route) et les premiers kilomètres se font sur une piste qui suit la rivière qui a creusé le canyon qui lui même a donné son nom à cette entrée de sentier : Watterton canyon Trail Head. 

De nombreux cyclistes me dépassent, en me demandant souvent jusqu’où je compte aller. Je croise également un bon nombre de coureurs. Certains, souvent torse nu, développent de belles foulées. 

Le paysage devient un peu plus sauvage à mesure que je m’enfonce dans le canyon, qui reste très large. Les premiers pas, ce matin, ne sont cependant pas des plus aisés : j’ai très mal dormi et il va falloir que je m’habitue au poids de mon sac. Avec trois jours d’autonomie dedans, il pèse. 

Je ne tarde pas à rejoindre mes compagnons de randonnée du jour. Nous engageons la conversation. Un jeune homme de Denver qui a déjà effectué le sentier dans sa totalité et une amie qui l’effectue pour la première fois. Il est venu lui prêter main forte pour les premiers jours. 

Comme ils connaissent le coin, ils me conseillent sur les villes où se ravitailler. Cela confirme plutôt mes options. Apparemment, le stop est assez facile, ce qui devrait m’éviter quelques laborieux kilomètres en plus sur petites routes. 

Un peu plus loin, je fais connaissance avec un jeune homme de Louisiane, aux origines françaises, qui lui aussi entame le chemin en entier. Il prévoit d’arriver vers le 5 août et c’est pourtant un très bon marcheur : il a réalisé le Tahoe Rim Trail en cinq jours, ce qui est bien rapide. 

Décidément j’étais trop optimiste au départ. Mais aller jusqu’à Salida m’ira déjà bien pour avoir une belle vision de ce Colorado Trail. 

Pour l’heure, nous quittons le canyon pour marcher sur un sentier et nous enfoncer dans la forêt et aborder la montagne. La végétation me semble plutôt méditerranéenne : pins principalement. Le sentier grimpe en lacets. Je ne vais pas bien plus vite que mes compagnons de route et c’est l’occasion de discuter plus longtemps. 

Nous ne nous arrêtons que de courts instants, principalement lorsque nous croisons un ruisseau pour remplir nos gourdes : il fait très chaud maintenant. 

La descente qui suit nous donne à voir la vaste étendue de terre brûlée que nous allons traverser demain, ainsi que l’arrivée de l’étape au bord d’une belle rivière. 

Le spot est trop tentant et je suis assez fatigué. Mes compagnons s’arrêtent aussi. D’ailleurs le campement sera bien peuplé ce soir : ce Colorado Trail semble devenir populaire. Je rencontre même un couple de français, alsaciens mais installés au Québec, qui s’offrent de longues vacances très sportives : ils ont déjà parcouru the long trail dans le Vermont. 

L’eau de la rivière fait du bien, j’en ai besoin pour me remettre de cette longue journée et m’adapter à l’altitude. Nous sommes déjà à plus de 2000m! 


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