À travers le causse Méjean. St Guilhem épisode 5

Le beau temps est revenu sur la Lozère. Lorsque je quitte mon bien agréable hôtel du moulin (où j’ai très bien dîné la veille, en plus !), le soleil brille.

J’ai vite chaud en grimpant la forte pente qui me mène sur le causse Méjean.

Une fois parvenu presque en haut, et après avoir admiré encore quelques très belles vues sur les gorges du Tarn, je rejoins un chemin plus large. Il me mène sur une pente toujours prononcée jusqu’au causse.

A moi les grands espaces! Ce causse Méjean est une véritable steppe. Quelques arbres, mais la plupart assez petits, d’immenses prairies. Le regard porte au loin. J’aperçois bientôt les formes du massif de l’Aigoual, que j’aborderai demain.
J’arpente à grands pas le causse. Le vent est la seule musique que j’entends ici, le silence étant presque absolu. Je ne vois pas grand monde; mes rencontres du jour seront essentiellement animales : Un beau cheval qui dès qu’il m’aperçoit s’avance vers moi pour glaner une caresse, un tout petit chat noir qui semble avoir grand faim et avec qui je partage un peu de mon pique-nique.

Je croise aussi quelques hameaux. L’architecture de pierre y est très belle, très rustique. Quelques églises et vestiges rappellent le temps des prieurés. Un panneau d’information m’indique aussi que le causse Méjean était une zone de forts peuplements, mais aussi de conflits entre les

Wisigoths et les Francs… C’est assez difficile à croire tant l’endroit paraît être un paradis pour ceux qui voudraient chercher le calme absolu aujourd’hui.

Mais ce Méjean fut toujours une zone de frontière : entre peuples dans l’Antiquité, entre provinces ensuite ; le Gévaudan s’arrêtait là. Aujourd’hui, il marque l’extrémité sud de la Lozère.

Enfin, l’extrémité du département descend même un peu plus loin,juste après Meyrueis. C’est d’ailleurs là que je me dirige. Un bon « plongeon » où je retrouve un relief de gorges rocailleuses, des lacets d’un sentier bien caillouteux, et me voici en vue de la petite ville.

J’y arrive sous le coup de 4 heures. En ce dimanche de septembre, la rue principale reste bien animée.

Je trouve facilement l’hôtel de l’Europe, où je vais trouver une bonne chambre pour me reposer.

L’établissement est un peu plus modeste que le précédent, mais a du charme : c’est même typiquement le genre au décor un peu désuet qui me plaît bien. Le fait qu’il en existe encore me rassure face à l’uniformisation galopante des chaînes. Ici, je peux admirer au mur un tableau napoléonien, un vieux téléphone. Dans le salon, on peut lire des bandes dessinées.

C’est une affaire familiale : la dame qui m’accueille semble bien avoir dépassé l’âge de la retraite, mais son fils est là aussi (enfin, je pense que c’est son fils). Et puis il y a aussi Gaspard, un perroquet gris, qui ne parle pas beaucoup mais ajoute au charme de l’endroit. Cela me fait un peu pensé à la pension de famille de l’assassin habite au 21, en beaucoup plus sympathique !

J’ai encore le courage de me promener un peu au bord de la rivière et dans les ruelles de Meyrueis, tout en m’arrêtant boire un verre au fameux café « chez le chat », plutôt pittoresque, mais où, bien qu’il y ait du monde, je ne vois aucun minet.


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