Navacelles, le clou du spectacle ! St Guilhem épisode 7.

C’est un peu fatigué par mon étape de la veille que je quitte mon hôtel du Vigan. Je dois avouer que je manque de courage pour retourner faire un tour dans le centre-ville, que j’avais pu explorer en novembre dernier. Je me contente donc de rejoindre le sentier et de retrouver les marques du GR7 pour poursuivre mon chemin. Les premiers hectomètres de ce matin sont heureusement très faciles. C’est un bon chemin de halage au bord d’une calme rivière qui me réveille en douceur. Un fort contraste avec les rudes sentes de la veille. C’est aussi toute la richesse d’un itinéraire comme le St Guilhem d’alterner ainsi les paysages et les pentes. L’eau est toute claire, le courant léger. Tout est calme. Seuls des branchages curieusement peints en bleu, tout au bord de l’eau ou même dedans, signalent une étrangeté dans ce paysage serein. Un pont plus loin, me voici à . Après la traversée du village, les choses s’annoncent un peu plus sérieuses : une rude montée me tend les bras. La végétation y est presque luxuriante et la pluie qui tombe à l’instant me fait presque me sentir sous les tropiques. Le contraste sera ainsi encore plus fort lorsque je gagne le sommet de la côte et le causse de Blandas. Là, tout est desséché. En écho, la pluie a cessé et le soleil brille à nouveau. Les feuilles des buis sont jaunes grillées, l’herbe paillasson. L’été a été très chaud et très sec ici, et sur ce plateau exposé directement au soleil, la végétation, déjà rase et éparse, semble en avoir bien souffert.

Mais derrière moi, sur les Cévennes toutes proches, la pluie doit encore s’abattre. En quelques kilomètres, des climats qui semblent différents. Je passe devant une large carrière de Lauze. C’est la seule zone  » industrielle » que je vais rencontrer durant tout mon trajet sur ce St Guilhem. On est loin des traversées pénibles, mais qui font partie du voyage, des grandes banlieues des villes espagnoles sur certains chemins de St Jacques.

Encore quelques kilomètres à travers le causse et je rejoins, où « la dernière épicerie avant St Guilhem » (dixit la tenancière) me permet un pique-nique agréable malgré un vent frisquet quand on s’arrête. Je reprends ma marche jusqu’à tomber nez à nez avec le clou du spectacle ; le cirque de Navacelles apparaît en effet subitement, presque par surprise, au bout du causse. Si les aménagements prévus pour mieux admirer ce site fantastique ne le signalaient pas avant d’y parvenir, on ne pourrait pas se douter de la survenue d’un canyon d’une telle ampleur au-delà de ce paysage de plateau. Cela reste un des sites naturels les plus spectaculaires que j’ai pu rencontrer en France. Un des plus beaux qui soient de toutes façons. Je fais le tour des panoramas avant de descendre dans le cirque, pour rejoindre l’unique hameau qui se trouve au fond. Il se nomme aussi Navacelles.

C’est la troisième fois que j’y passe en moins d’un an, mais la première fois que je vais m’y arrêter passer la nuit. Et je ne vais pas le regretter : d’abord parce que l’endroit, au fond du cirque et au bord de l’eau, est unique et que l’Auberge de la Cascade offre un décor tout à fait charmant à ma halte. Une vieille bâtisse, ses chambres où l’architecture épouse le rocher. Ensuite parce je vais y passer une soirée très agréable et conviviale. J’engage en effet, à l’apéritif, la conversation avec une joyeuse tablée. Jérôme est parti de La Bourboule, près de Clermont-Ferrand, pour un long voyage à pied qui doit le mener jusqu’au Maroc. À 45 ans, après un licenciement et une séparation, il profite de ce tournant dans sa vie pour réfléchir et s’ouvrir de nouveaux horizons. Lui qui n’était pas randonneur découvre aussi la richesse de la marche et des rencontres qu’elle suscite. Ses trois compagnons du jour viennent d’Alès. Trois joyeux compères de courses et de bringues. Le plus jeune, policier bientôt en retraite, avait même terminé quelques places derrière moi sur la grande course des Templiers en 1999. Le monde est petit ! Ils s’offrent trois jours de randonnée tranquilles, où l’heure est autant à la fête qu’à la marche. Et leur compagnie ce soir est bien chaleureuse et agréable !

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